• Le couvent-pensionnat Immaculée-Conception peu après son ouverture en 1911. Lefaivre, Ontario.

  • À droite, le nouvel édifice construit pour les besoins du pensionnat. Lefaivre, Ontario, 1922.

  • Les pensionnaires à la chapelle. Pensionnat Immaculée-Conception, Lefaivre, Ontario, 1947.

  • Quelques sœurs avec des élèves dans l’escalier du couvent. Lefaivre, Ontario, 1950.

  • La dernière cohorte du pensionnat Immaculée-Conception. Lefaivre, Ontario, 1951-1952.

Pensionnat Immaculée-Conception

THÉMATIQUE
Éducation

MILIEU D’APOSTOLAT
École primaire  |  École secondaire  |  Pensionnat

ENGAGEMENT
1910 – 1952

LIEU
CANADA  |  Ontario  |  Lefaivre

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HISTORIQUE DE L’ENGAGEMENT

Aujourd’hui située dans la municipalité d’Alfred et Plantagenet, sur la rive sud de la rivière des Outaouais, la petite localité franco-ontarienne de Lefaivre voit le jour en 1879 avec la création de la paroisse Saint-Thomas. Outre l’entreposage et le commerce lié au « grand quai de Lefaivre », la région est alors essentiellement agricole. L’abbé Pierre Bédard, en poste depuis 1888, voit d’un bon œil l’intégration des écoles de la région dans le réseau des écoles séparées catholiques en 1891. Il souhaite cependant remplacer les institutrices laïques par des religieuses. En 1907, à sa demande pressante, les Filles de la Sagesse (FDLS) acceptent de prendre en charge l’école du village.

Lors de leur arrivée, à la fin du mois d’août, trois FDLS s’installent dans un hameau de quelques centaines de familles francophones. En face de l’église et du presbytère, une maison modeste mais confortable est mise à leur disposition. Deux sœurs prennent en charge les élèves de l’école paroissiale et bien vite, une autre religieuse s’amène afin d’offrir des leçons privées de musique. Une offre qui plaît aux parents et donne un coup de pouce aux finances de la communauté. À l’instigation du curé, un projet de couvent-pensionnat prend forme dès l’automne 1909 grâce à la générosité des paroissiens. Les sœurs emménagent dans leur nouvelle résidence le 5 janvier 1911. Quelques jours plus tard, le pensionnat Immaculée-Conception ouvre ses portes. Il offre l’hébergement, pour filles seulement, – et un enseignement privé de la 1re à la 8e année, aussi accessible aux externes, garçons et filles.

Au fil des ans, le nombre d’élèves et de pensionnaires augmente. En 1922, les FDLS reprennent leur première maison, voisine du couvent-pensionnat, afin d’ériger sur ce site une nouvelle construction destinée aux jeunes. Elle comprend une chapelle au premier étage, des classes au deuxième et des dortoirs au troisième. Le sous-sol est aménagé en salle de récréation. À l’emprunt fait pour cet agrandissement, s’ajoutent toutefois d’autres difficultés. Une mésentente avec les commissaires force les FDLS à se retirer de l’école du village en 1928. Avec ces salaires en moins, et une clientèle à la baisse au pensionnat compte tenu de la crise économique, la situation financière des religieuses à Lefaivre se révèle des plus difficile. Heureusement, le vent tourne. En 1931, les sœurs réintègrent les classes paroissiales. La commission scolaire accepte même de défrayer le salaire d’une sœur qui ouvrira une classe de 9e et 10e année au couvent, tant pour les élèves du privé que ceux du public. En 1935, 40 pensionnaires et 15 externes fréquentent l’établissement des FDLS. Les sœurs offrent le programme éducatif général de l’Ontario dans quatre classes, ainsi qu’un cours commercial avec sténographie française et anglaise, dactylo et tenue de livres.

Au cours des années 1940, le nombre de pensionnaires augmente jusqu’à 60 filles. Tout comme à l’école paroissiale, les jeunes participent aux différents mouvements jeunesse tels que la Croisade eucharistique, les Enfants de Marie et la Jeunesse étudiante catholique (JEC). En août 1952, à la suite d’une pluie torrentielle, le bâtiment du pensionnat subit d’importants dommages. Après les travaux d’urgence, l’ampleur des rénovations nécessaires pour sécuriser l’édifice à long terme décide les FDLS à ne pas rouvrir le pensionnat.

Quelques sœurs ont consacré plus de 20 ans de leur vie aux jeunes de Lefaivre. Sr Aurore Corbin (Marie-Hélène du Carmel), cuisinière, ne part qu’à la fermeture du pensionnat après 24 ans de service. Sr Jeanne Campbell (Camille de Saint-Paul) et Sr Eva Bertrand (Agnès de Saint-Gervais) quittent aussi lors de la fermeture de l’établissement après 27 et 24 ans d’enseignement. Sr Jeanne Charlebois (Jeanne de l’Annonciation) a donné le cours commercial, en plus des leçons de piano et de chant, de 1932 à 1952. Malgré cette fin abrupte, la mission éducative des FDLS se poursuit à l’école publique jusqu’en 1987 et les sœurs continuent leur engagement dans la paroisse Saint-Thomas jusqu’en 2007.

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