• Un groupe de 8e année avec Sr Jeannine Dignard (Michel-Marie de l’Eucharistie). École Saint-Ignace, Sault-Sainte-Marie-, Ontario, 1960-1961.

  • L’école Saint-Ignace avant les rénovations des années 1950. Sault-Sainte-Marie, Ontario.

  • Les croisés de l’école Saint-Ignace. Sault-Sainte-Marie, Ontario, 1938.

  • Sr Irène Mainguy (Jacques du Sauveur) se fait photographier en compagnie de ses élèves de 2e et de 3e année. École Saint-Ignace, Sault-Sainte-Marie, Ontario, 1955.

  • Sr Claire Veillette (Roger de la providence) avec des graduées de l'école Saint-Ignace. Sault-Sainte-Marie, Ontario, vers 1960.

École Saint-Ignace / École Notre-Dame-des-Écoles

THÉMATIQUE
Éducation

MILIEU D’APOSTOLAT
École primaire  |  Pensionnat

ENGAGEMENT
1913 – 1979

LIEU
CANADA  |  Ontario  |  Sault-Sainte-Marie

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HISTORIQUE DE L’ENGAGEMENT

Grâce à sa situation géographique, à la jonction des lacs Huron et Supérieur, tout près de la frontière avec les États-Unis, la ville de Sault-Sainte-Marie jouit déjà d’une économie enviable au début du 20e siècle. Elle compte près de 11 000 habitants en 1911 et l’industrie des pâtes et papiers, de l’acier et du transport fournit l’essentiel des emplois. C’est à cette époque que le père Denis Dumesnil, un jésuite, fait appel aux Filles de la Sagesse (FDLS). Il souhaite les voir prendre en charge l’école séparée de la paroisse Saint-Ignace. Déjà établies à Sturgeon Falls et Blind River, les sœurs acceptent de poursuivre leur implantation le long de la route 17.

Une première FDLS, Sr Césarine Hébert de la Vacquerie (Louise-Emmanuel), s’amène en avril 1913 afin de veiller à l’installation de la communauté, avant d’être rejointe à la fin août par deux compagnes. La maison tombe en ruine et s’avère très vite insalubre. Une religieuse y meurt de la typhoïde. Afin d’améliorer leur situation financière, les sœurs décident d’héberger une première pensionnaire. Tout près, l’école occupe le bâtiment de l’ancienne église. Lors de la rentrée, deux FDLS, aidées de sept institutrices laïques, accueillent 422 élèves. Dans le quartier ouvrier de Steelton, de nombreux enfants d’origine irlandaise, italienne et polonaise se mêlent aux Canadiens francophones et anglophones. Le gouvernement ontarien applique alors le Règlement 17 qui limite l’enseignement du français à celui de langue seconde. Une situation difficile autant pour les élèves francophones que pour les FDLS qui maîtrisent bien mal l’anglais!

Mal logées, les religieuses déménagent dès l’automne 1914. En 1916, l’arrivée de Sr Alvira Hodgkinson (Henri-Marie de la Croix), canadienne et bilingue, résout une partie des problèmes de langue. La création d’une nouvelle paroisse anglophone entraîne le départ de plusieurs familles irlandaises. Le portrait linguistique de Saint-Ignace se modifie : tant l’école que la paroisse affichent un visage plus francophone. Malgré une baisse significative du nombre d’élèves – qui passe de 400 à 230 – le nombre de religieuses augmente, car les FDLS ont accepté de s’engager dans les quartiers voisins de Bayview et Buckley. Elles mettent sur pied des classes de catéchisme et prennent en charge une petite école primaire de 170 élèves.

À partir de 1920, les FDLS laissent toutefois tomber ces initiatives et concentrent désormais leur énergie sur l’école Saint-Ignace. Elles déménagent à nouveau et cette fois, la congrégation autorise l’achat et la rénovation d’une maison que les sœurs occuperont jusqu’en 1977. La crise économique des années 1930 entraîne une baisse marquée du nombre d’inscriptions et les FDLS mettent aussi fin à l’hébergement de pensionnaires. En 1934, les religieuses font pression pour faire introduire les cours de 9e et 10e année. Par ailleurs, le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale relance l’aciérie de Steelton et fait grimper le nombre d’élèves à près de 300. En dépit de ces fluctuations de clientèle, les religieuses ne sont jamais plus de cinq ou six enseignantes.

Comme partout, le baby-boom d’après-guerre et la centralisation des petites écoles entraînent des hausses d’inscriptions dans les années 1950. Le besoin d’édifices plus modernes et mieux équipés se fait aussi sentir. L’école Saint-Ignace subit donc d’importantes rénovations à la fin de la décennie. En 1958, grâce à un don substantiel de la Fédération des femmes canadiennes-françaises, les FDLS inaugurent une classe spéciale de 11e et 12e année au couvent. L’école accueille 395 élèves en 1960. Sr Claire Veillette (Roger de la Providence) enseigne les matières classiques en plus d’offrir un cours de dactylographie. Faute d’élèves en nombre suffisant, les FDLS renoncent à cet enseignement secondaire en 1964.

En 1960, les sœurs acceptent un mandat octroyé par la commission scolaire pour des classes de français du samedi dans trois écoles de la ville. Ces « French Conversation » avec les jeunes remportent un vif succès. Les religieuses sont aussi invitées à offrir ce type de cours aux adultes en soirée. Avec l’aide d’enseignantes laïques, les FDLS rejoignent ainsi une clientèle anglophone non catholique. Elles s’investissent dans cette œuvre jusqu’en 1966-1967. Cette même année, la nouvelle école Notre-Dame-des-Écoles accueille les élèves de la 4e à la 8e année. La classe de 9e et de 10e année a été supprimée compte tenu du faible nombre d’inscriptions. Quant aux petits, de la maternelle à la 3e année, ils restent à l’école Saint-Ignace. Les FDLS assument la direction des deux écoles jusqu’en juin 1968, date à laquelle elles cèdent leur responsabilité à des laïcs. Quelques sœurs continuent l’enseignement à Notre-Dame-des-Écoles, d’autres se font bibliothécaires. En juin 1979, les deux dernières religieuses, Sr Francine Gauthier (Francine du Christ-Roi) et Sr Madeleine Poliquin (Alfred-Marie de Jésus), quittent l’établissement pour d’autres mandats plus larges au sein de la commission scolaire.

En 1991, les FDLS ferment leur maison de Sault-Sainte-Marie. Jusqu’à leur départ, elles ont continué l’engagement paroissial amorcé en 1913 : sacristie, visite, catéchisme et pastorale des malades ont fait partie de leurs occupations au fil des ans.

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